Enjeux concurrentiels dans le secteur de la défense : intervention de Julien Malizard au séminaire Nasse

Julien Malizard est intervenu dans le cadre du séminaire Nasse, organisé conjointement par la Direction générale du Trésor et l’Autorité de la concurrence le 22 octobre 2026 à Paris, sur le thème des « Enjeux concurrentiels dans le secteur de la défense »

Aux côtés de Jérôme Philippe, avocat associé chez Freshfields, et sous la modération de Juliette Théry, membre du collège de l’Arcom, Julien Malizard a présenté les spécificités économiques des marchés de défense et les transformations industrielles en cours. Son intervention s’est articulée autour de trois principaux enjeux :

  1. Des marchés historiquement concentrés, confrontés à l’émergence du New Defence. L’industrie de défense se caractérise par une forte concentration industrielle, d’importantes barrières à l’entrée et un rôle prépondérant de l’État, à la fois client et régulateur. Toutefois, l’émergence du New Defence, fondé sur des équipements moins complexes, des cycles d’innovation raccourcis et une production en plus grandes séries, pourrait modifier les structures de marché et renforcer les dynamiques concurrentielles.
  2. Des chaînes de valeur en transformation. Le modèle industriel traditionnel, structuré autour de grands maîtres d’œuvre, laisse relativement peu de place à la concurrence sur les équipements finaux. Celle-ci peut davantage s’exercer sur les composants et les sous-systèmes. Par ailleurs, l’intégration croissante des technologies numériques soulève la question de la répartition future de la valeur entre les plateformes, les logiciels et les données. Ces transformations posent également de nouveaux défis de financement et de visibilité de la demande, notamment pour les PME et ETI.
  3. Les défis de l’intégration européenne des marchés de défense. La fragmentation des marchés nationaux limite les économies d’échelle et la compétitivité de l’industrie européenne. Une meilleure intégration pourrait générer des gains économiques substantiels, mais suppose de surmonter trois obstacles majeurs : l’harmonisation des besoins opérationnels et des calendriers d’acquisition, une coordination industrielle dépassant les logiques de juste retour et un soutien politique durable des États membres. La hausse actuelle des dépenses militaires ne garantit donc pas, à elle seule, une intégration accrue de l’industrie européenne de défense.

vidéo du séminaire

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