Julien Malizard a participé au colloque organisé le 17 avril 2026 par Jean-Michel Jacques, président de la commission de la défense nationale et des forces armées de l’Assemblée nationale, sur le thème « Amplifier notre effort de défense : pourquoi et comment ? »
Ce colloque a également accueilli l’amiral (2S) Bernard Rogel, ancien chef d’état-major de la Marine et ancien chef d’état-major particulier du Président de la République, ainsi que Clément Beaune, Haut-commissaire à la stratégie et au plan.
L’intervention de Julien Malizard s’est articulée autour de trois points principaux :
- Une dynamique européenne de réarmement désormais bien engagée
L’Europe connaît depuis 2014 une hausse marquée de ses dépenses de défense, de l’ordre de +75 %, avec les progressions les plus fortes observées dans les pays d’Europe centrale et orientale ainsi que dans les États d’Europe du Nord. Dans cette perspective, le passage d’un effort de défense de 2 % à 3,5 % du PIB constituerait un changement d’ampleur, impliquant des choix politiques et budgétaires plus ou moins contraignants selon la situation propre à chaque pays. - Une adaptation en cours de l’industrie de défense
Pour répondre à cette demande supplémentaire, l’industrie de défense a engagé une transformation de ses capacités de production. Les choix d’acquisition continuent de s’inscrire dans le triptyque « coût – délai – performance », mais alors que le critère du coût dominait largement depuis les années 1990, la question des délais de livraison est désormais devenue centrale. Après une première phase marquée par l’achat d’équipements auprès de pays disposant de stocks importants, notamment les États-Unis et la Corée du Sud, des investissements substantiels ont été engagés afin d’accroître les capacités de production et de réduire les délais. - L’émergence de nouveaux besoins industriels liés à la création de masse
Au-delà de l’adaptation de la base industrielle historique, de nouveaux besoins apparaissent, en particulier pour répondre à la nécessité de créer de la masse. Dans ce contexte, un marché du « new defense », plus proche dans son organisation de certaines logiques de l’industrie civile, prend une importance croissante. Ce segment se caractérise par une concurrence plus forte, l’arrivée de nouveaux entrants et la diffusion de solutions innovantes. Ces évolutions appellent la définition d’une nouvelle politique industrielle, capable de répondre à ces transformations.


